QAMINAR met en scène deux corps contraints par un enlacement continu, engagés dans une danse d’épuisement dont émerge progressivement une recherche de liberté. Les corps ne se lâchent jamais. On en suffoque presque. Leurs jambes suivent la précision du tango, mais le haut du corps s’échappe, les images s’enchaînent. Une séquence se répète, identique puis déformée par l’épuisement.
QAMINAR est une danse de persévérance à la croisée du tango et de la danse contemporaine, une traversée en équilibre entre ce qui nous tient, un mélange de sérieux et d’absurde.
Dans une prison texane, N., condamné à mort, écoute la radio. Une émission lui est dédiée afin que ses correspondant.e.s puissent l’appeler et lui lire une dernière lettre, lui adresser un dernier témoignage. Ce monologue surréaliste fige pourtant une latence universelle, celle de nos liens à la mort et aux absences, aux moments qui nous réunissent et nous séparent. La peine de mort est ici un prétexte catalyseur, elle évoque ces temps suspendus qui impactent nos existences. Elle s’en remet à nos mots qui sauront ou non définir le silence.
Accompagnée de la danseuse Marthe Krummenacher, de la musicienne Viva Sanchez, de la comédienne Mélina Martin et du créateur lumières Jonathan O’Hear, Karelle Ménine à la direction et à l’écriture nous livre un texte dont la thématique prend sens à travers nos échos :«Il ne s’agit pas de faire le procès du système pénal américain ou de faire l’histoire de la peine de mort. Il s’agit d’entrer dans le cœur de ce moment, et de l’ouvrir. Il s’agit de parler de nous. De notre relation à LA mort, et de la Vie qu’elle contient.»
Sept frères et soeurs. Une procédure pénale ouverte en 2015 pour maltraitance. Le passé ressurgit, éclairant une atmosphère familiale de violence quotidienne, en tension permanente. Le projet autobiographique « Il n’aura qu’à dire que tu l’as poussé dans l’escalier » s’inspire de ce vécu bouleversant.
JANET ON THE ROOF est un solo chorégraphié par Pierre Pontvianne pour Marthe Krummenacher, danseuse sidérante d’intensité. Magistral, vertigineux, on y vit la puissance et la poésie de la danse quand le spectacle du monde a tant de peine à composer du sens.
JANET ON THE ROOF retranscrit un état de sidération qui finit par tout imprégner et devient la toile de fond de nos existences. Le corps perd son visage, il perd son identité, il devient commun, humain ; puis sa physicalité est étirée dans le temps. Le mouvement de l’interprète, Marthe Krummenacher, suit le principe du thème et de la variation, qui agit à la fois à l’endroit de la surprise et du connu.
La pièce dit, entre autres choses, cette érosion de nos sensibilités.