QAMINAR met en scène deux corps contraints par un enlacement continu, engagés dans une danse d’épuisement dont émerge progressivement une recherche de liberté. Les corps ne se lâchent jamais. On en suffoque presque. Leurs jambes suivent la précision du tango, mais le haut du corps s’échappe, les images s’enchaînent. Une séquence se répète, identique puis déformée par l’épuisement.
QAMINAR est une danse de persévérance à la croisée du tango et de la danse contemporaine, une traversée en équilibre entre ce qui nous tient, un mélange de sérieux et d’absurde.
CAMÉLÉON est la création chorégraphique de la Cie József Trefeli.
Dans une prison texane, N., condamné à mort, écoute la radio. Une émission lui est dédiée afin que ses correspondant.e.s puissent l’appeler et lui lire une dernière lettre, lui adresser un dernier témoignage. Ce monologue surréaliste fige pourtant une latence universelle, celle de nos liens à la mort et aux absences, aux moments qui nous réunissent et nous séparent. La peine de mort est ici un prétexte catalyseur, elle évoque ces temps suspendus qui impactent nos existences. Elle s’en remet à nos mots qui sauront ou non définir le silence.
Accompagnée de la danseuse Marthe Krummenacher, de la musicienne Viva Sanchez, de la comédienne Mélina Martin et du créateur lumières Jonathan O’Hear, Karelle Ménine à la direction et à l’écriture nous livre un texte dont la thématique prend sens à travers nos échos :«Il ne s’agit pas de faire le procès du système pénal américain ou de faire l’histoire de la peine de mort. Il s’agit d’entrer dans le cœur de ce moment, et de l’ouvrir. Il s’agit de parler de nous. De notre relation à LA mort, et de la Vie qu’elle contient.»
LE SALON DE NINON est un spectacle de Mónica Pustilnik, alliant danse et luth baroque.
Pour RENDEZ-VOUS, Eugénie Rebetez invite cinq artistes aux parcours et expériences scéniques différents à se réunir autour d’elle et de son piano. Les chansons, qu’elle a composées et écrites, donnent le tempo et créent le cadre des rencontres. Toutes les personnes invitées prennent part au récit avec leur voix et leur corps. Leur présence, leur écoute, leur regard soutiennent et accompagnent le chemin d’Eugénie sur le
plateau, un chemin qui ressemble à celui qu’elle mène depuis plusieurs années dans le monde du spectacle vivant. Oscillant entre spectacle et poésie, RENDEZ-VOUS est un cabaret intime qui sait utiliser la magie de l’instant et puise sa force dans la douceur.
Ce duo est le quatrième volet d’une série de pièces chorégraphiques en convergence avec les arts visuels initiée par Philippe Saire. Cette nouvelle pièce joue sur l’évanescence des corps dans un espace en point de fuite et enfumé, à la frontière entre la présence et l’absence. Dans ETHER, l’espace scénique en point de fuite et le jeu avec la fumée ont en commun de traiter visuellement de la disparition et de l’indétermination, respectivement par un éloignement accentué et par le trouble de l’image par la fumée. Par leur effet conjugué, les corps en mouvement y acquièrent une matérialité nouvelle et incertaine.
Formé en théâtre, en lettres et en cinéma, Rudi van der Merwe est un danseur et chorégraphe sud-africain installé à Genève. Pluridisciplinaires, ses créations prennent toujours des formes surprenantes. BLUE MOVES est un road movie dansé sur l’idée d’être woke : radicalement et constamment sensibilisé aux injustices raciales et sociales. Avec quatre danseurs portés par le glissé léger de la note bleue du blues. Pour renouer avec la joie du mouvement, le simple plaisir de bouger.
Les pièces de Perrine Valli cheminent sur les voies du désir, le plus souvent inspirées par des artistes. C’est Henry Darger qui l’allume aujourd’hui, et plus précisément ses tableaux sur le périple des Vivian Girls, huit sœurs, huit elfes hermaphrodites, leaders d’un mouvement de révolte.
JANET ON THE ROOF est un solo chorégraphié par Pierre Pontvianne pour Marthe Krummenacher, danseuse sidérante d’intensité. Magistral, vertigineux, on y vit la puissance et la poésie de la danse quand le spectacle du monde a tant de peine à composer du sens.
JANET ON THE ROOF retranscrit un état de sidération qui finit par tout imprégner et devient la toile de fond de nos existences. Le corps perd son visage, il perd son identité, il devient commun, humain ; puis sa physicalité est étirée dans le temps. Le mouvement de l’interprète, Marthe Krummenacher, suit le principe du thème et de la variation, qui agit à la fois à l’endroit de la surprise et du connu.
La pièce dit, entre autres choses, cette érosion de nos sensibilités.